Prévention alcool au volant
En 2002, la Maison des Jeunes de Farnham s’est donnée un nouveau défi : réaliser un projet de prévention de la conduite avec facultés affaiblies.

C’est sous forme d’un reportage vidéo qu’a prit vie la plus grande partie de notre travail (du moins, celle que l’on peut voir). En effet, c’est avec l’aide des gens du milieu, de leurs témoignages par rapport à leur vécu spécifique à l’alcool au volant que nous avons essayé de toucher les jeunes ; objectif cible de la MDJF. Ce vidéo est maintenant présenté aux élèves de cinquième secondaire de notre région, chaque année. La présentation est suivie d’une rencontre avec Madame Ginette St-André, mère d’une victime de l’alcool au volant et fabuleuse oratrice…


Madame Ginette St-André

Notre documentaire est réaliste, touchant et marquant. Nous avons cru qu’il était important d’ancrer notre activité dans le concret même. Les jeunes doivent croire à ce qu’ils voient. Ils doivent comprendre que, oui, ça peut arriver à chacun d’entre nous. C’est pour cela que nous avons choisis des gens de la région pour leur raconter leur expérience. Certains parlent de la perte d’un être cher, d’autre des conséquences physiques qu’ils ont vécu suite à un tel accident ou, encore, des cauchemars qu’ils ont fait après l’événement. Nous ne souhaitons par faire peur, mais plutôt permettre au jeunes de comprendre la réalité de ces drames qui, surtout, auraient pu être évités.

"Le deuil de mon fils se fera graduellement. Ça prendra des années. Il n'y a rien de pire que de perdre son enfant. J'entends constamment des chansons qui me font penser à lui, donc impossible de ne pas l'avoir dans mes pensées, poursuit-elle. Il était tellement tendre avec moi. Il me prenait dans ses bras, me faisait des câlins. Il m'appelait "ma petite maman"!"
Beaucoup de gens de notre milieu se sont impliqués. Nous avons eu beaucoup de soutien, notamment celui des policiers, ambulanciers et pompiers, celui d’Éloi, curé de Farnham, de la SAAQ, de l’école secondaire J.-J.-B. ainsi que de citoyens fort courageux.

« Et, qu’au moins les vies qui ont été perdues servent à en sauver d’autres. Donnons du sens à la perte et à la tragédie.» c’est ce que nous ont dit les familles des victimes. Et, des histoires d’horreur, il y en a partout au Québec.
Jean-François Pomerleau, coordonateur de la MDJF, Joanie Laforêt, Isabelle Bouchard, participantes à la réalisation du documentaire, Monsieur Brisebois de la SAAQ, Sophie Sénécal et Yves Gendreau de la MDJF, responsables du projet, lors de la remise du chèque de la SAAQ.
 
Des enfants perdent leurs parents, des parents perdent leurs enfants, des êtres chers quittent leur famille et d’autres sont gravement blessés. Les bulletins de nouvelles regorgent de ces histoires… Des gens recommencent parfois jusqu’au jour où ils tuent quelqu’un. Ce pourrait être votre enfant, votre mari, ce pourrait être vous. Parlez-en à un parent qui a perdu son fils parce qu’il marchait sur le trottoir au mauvais moment..

Le projet est d’ailleurs né suite à l’annonce d’un drame survenu à St-Lin. Jour horrible où une jeune mère de famille fût emportée, laissant derrière elle deux enfants en bas âge et un mari. C’était au bulletin de nouvelle de six heures, moment de la journée où les gens prennent tranquillement leur repas en famille. On nous présentait l’image des funérailles, le jeune homme en deuil, un tout petit enfant dans les bras, un autre à ses côtés le tenant par la main. C’était un jour triste comme il y en a encore beaucoup trop.

Au Québec, l’Alcool au volant demeure première cause des accidents de la route, ainsi responsable de 25% des décès et 18% des blessures graves. L’alcool diminue la capacité de conduire, nous le savons. Avec un taux entre 80 mg et 100 mg d’alcool par 100 ml de sang, un jeune âgé entre 16 et 19 ans court un risque 40 fois plus élevé qu’une personne sobre du même âge. Notons que le risque est encore plus élevé chez les 16-17 ans. Cependant, ce sont les gens âgés de 25 ans et plus qui conduisent le plus souvent avec les facultés affaiblies (statistiques : SAAQ).
Enfin, nous souhaitons que ce projet, peu importe le temps, se fraie un chemin dans toutes les écoles secondaires et dans toutes les maisons de jeunes de la région afin que le plus de gens soient touchés, car devant de vrais témoignages, devant de vrais gens et de vrais drames, il est impossible de rester de glace …